Défis et succès d’une journaliste expatriée : Agnés Chareton à Los Angeles

Avez-vous déjà envisagé de tout quitter pour vivre une aventure à l’étranger ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », nous explorons les défis et les joies de l’expatriation avec notre invitée, Agnès Chareton. Elle partage son expérience personnelle de la transition de la France à la Californie, une aventure qui a transformé sa vie et celle de sa famille. Préparez-vous à découvrir les réalités de l’adaptation à une nouvelle culture et les surprises que peut réserver la vie à l’étranger.

Agnès Chareton est la rédactrice en chef « Lepetitjournal – Los Angeles ». Originaire du sud de la France, elle a poursuivi des études en journalisme et géologie à Lille avant de débuter sa carrière à Paris. Après plusieurs années en tant que journaliste pigiste, elle a trouvé sa voie en rejoignant le groupe Bayard. En 2022, elle a décidé de relever un nouveau défi en s’installant avec sa famille en Californie, où elle a continué à exercer sa passion pour le journalisme tout en découvrant une nouvelle culture.

Dans cet épisode, Agnès nous parle de son parcours d’expatriation et des défis qu’elle a rencontrés, tels que l’apprentissage de l’anglais et l’adaptation à la vie californienne. Elle raconte comment elle a trouvé du soutien au sein de la communauté francophone locale et a pu s’épanouir professionnellement en prenant la tête de la rédaction du Petit Journal Los Angeles. Agnès partage également ses réflexions sur l’importance de rester connecté avec ses racines tout en embrassant une nouvelle culture, et comment elle concilie sa vie professionnelle et familiale dans ce nouvel environnement.

https://lepetitjournal.com/los-angeles

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Agnès Charoton, rédactrice en chef le petit journal Los Angeles. 10 minutes.
Allez, je vous emmène en Californie, près de la mer. On est dans un endroit qui est quand même plutôt joli, selon la description de mon invité du jour. Bonjour, bienvenue Agnès. Bonjour Gauthier, merci beaucoup. Toi qui fais parler les gens, toi qui t’intéresses au parcours des autres.
Aujourd’hui, c’est à toi d’être sur le grill. Souvent, on n’aime pas être à cette place-là. C’est vrai que j’ai moins l’habitude, mais je vais essayer de me prêter à l’exercice aujourd’hui. Écoute, avant d’arriver dans le comté d’Orange où tu te trouves au sud de Los Angeles, on va revenir sur ton parcours. Tu es originaire du sud, ex en Provence, et ces cigales ne te manquent pas trop?
Alors, j’ai de la chance parce que je suis dans une région qui est très ensoleillée ici et qui rappelle pas mal le sud de la France. Ce qui me manque, c’est plutôt ma famille. La famille est loin. C’est vrai qu’on a le sentiment d’être à l’autre bout du monde. Mais ici, j’ai quand même retrouvé quelque chose du sud.
Après avoir commencé tes études dans le sud, tu vas les poursuivre à Paris, puis ensuite venir jusqu’à Lille. Tu traverses toute la France, études de journalisme et de géologie à Lille notamment. Tu sais que les locaux de la radio sont à Lille, un petit souvenir pour cette période de ta vie? Alors, j’en ai plein de souvenirs. Souvenirs d’avoir couvert la campagne présidentielle de 2012 avec les autres étudiants de l’ESG Lille et d’avoir monté un site web pour couvrir la campagne.
J’avais assisté à beaucoup de meetings de candidats. Moi, c’était un peu une plongée dans le grand banc. Ça reste un souvenir marquant de cette période. En 2013, une fois que tu as terminé tes études, tu vas devenir pigiste et faire des petits CDD dans plusieurs médias différents. Ça, c’est la dure loi du journaliste qui commence.
C’est l’insécurité professionnelle. Alors oui, c’est vrai, complètement. Je me suis lancée à Paris en 2013. Ce n’est pas forcément une période où je garde de très bons souvenirs, ça a été dur. Enchaîner CDD, piège, jongler entre tous ces contrats, ne pas trop savoir.
C’était une période un peu compliquée, beaucoup de journalistes passent par là, donc il faut s’accrocher, il faut persévérer. Ensuite, ça se passera très bien puisque tu trouves un CDI au Pèlerin, c’est dans le groupe Bayard, où tu vas faire un journalisme de terrain que tu vas beaucoup aimer, très formateur, jusqu’en 2022. Parce que là, c’est la vie privée qui va venir sur ton chemin. Un mari, à ce moment-là, deux enfants et ton conjoint qui est fils d’expats, avait déjà plusieurs fois suppité la possibilité de vivre l’expatriation. Toi, t’étais plutôt contre en vrai.
Alors oui, complètement. Moi, j’avais jamais eu envie de m’expatrier. Ça faisait des années que je lui disais non. Je trouvais qu’être journaliste, faire des reportages partout en France et à travers le monde entier et avoir deux enfants, c’était déjà assez d’aventures comme ça. Je n’avais pas envie de me rajouter une nouvelle aventure.
J’ai fini par lui dire oui et on est arrivé en 2022 en Californie et on avait trois enfants à ce moment-là puisque ma petite fille, ma dernière, avait huit mois. C’est ça Agnès, parce que pour vous dire la vérité aux auditeurs, il y a eu une petite négo avec ton mari, c’était OK pour l’expatriation, mais on fait un troisième bébé, donc voilà. Alors oui, c’est vrai. Et c’est quelque chose que je raconte souvent autour de moi quand on me pose la question de comment est-ce que vous avez décidé de vous expatrier ici. Donc il rêvait de partir et moi je rêvais d’avoir un troisième enfant.
Donc on a fait un deal tous les deux. Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvés en Californie avec une famille de trois enfants. Tout se négocie dans la vie. Tu arrives donc en 2022, on va pas se mentir Agnès, grosse adaptation au début, on se prend une petite claque, tout change, l’anglais c’était pas complètement au point, reprendre la voiture et conduire dans un pays où on est obligé d’avoir une voiture c’était pas facile et puis le boulot pas facile non plus, t’as regretté parfois? Alors non, je n’ai jamais regretté parce que c’était vraiment un projet familial et un choix qu’on avait fait, donc une fois qu’on était là, il fallait vraiment regarder de l’avant et ne pas regretter.
Au début, j’étais un peu en mode survie, c’est vrai, surtout que mon mari avait son travail, mes enfants allaient à l’école, donc je me suis assez rapidement retrouvée toute seule à la maison, je n’avais pas de job, je ne parlais pas très bien anglais et j’avais peur de conduire. Donc voilà, j’ai vraiment dû sortir de ma zone de confort, La première année a été une année avec beaucoup de challenges. Reprendre le volant, je le raconte tout le temps autour de moi, mais pour moi, ça a été un défi incroyable. À Los Angeles, les autoroutes sont gigantesques, les distances sont énormes, le trafic est monstrueux. La première fois que je suis allée à Los Angeles toute seule en voiture et que je suis revenue chez moi, je n’avais pas réalisé que j’étais en plein dans l’heure de pointe.
J’ai mis deux heures et demie à revenir chez moi. J’avais pas l’habitude de conduire, j’avais une migraine, j’ai cru que j’allais… Je suis revenue en larmes, je crois. Donc voilà, les débuts ont été un peu compliqués. Aujourd’hui, j’ai plus de problèmes, ou presque, à prendre la voiture pour faire tous mes reportages à travers Los Angeles.
Aujourd’hui, vous êtes basée en famille dans le sud de Los Angeles. Est-ce que tu peux me décrire un petit peu ton quotidien, la ville où tu te trouves, etc.? Oui, bien sûr. Alors, on habite à Huntington Beach, dans le comté d’Orange, qui est à une heure à peu près en voiture de Los Angeles. C’est un coin très joli, très calme.
On est au bord de la mer, donc les palmiers, la mer, le surf. C’est une ville qui est connue pour le surf. Les enfants vont à l’école américaine juste à côté de chez nous, donc école publique. Ils parlent anglais. On leur donne des cours de français à côté grâce au Flamme, le samedi matin, et à la maison aussi grâce au cours Griffon.
Et moi, le quotidien, je travaille comme journaliste. On va en parler, je pense. Rédactrice en chef du Petit Journal. J’alterne les déplacements, les reportages, les interviews sur le terrain et les moments à la maison de travail chez moi. Ma maison est mon bureau, mais ça me va bien.
Ça me permet d’allier vie professionnelle et vie familiale. Alors côté boulot justement, tu vas rejoindre une asso, on va la citer, The Hell Collective, qui t’aura été assez utile pour comprendre le système américain, de faire un réseau? C’est une association dont je vous parle parce que pour moi elle est extrêmement précieuse, donc je les rejoins assez vite en arrivant ici, justement parce que j’étais seule, j’étais freelance et j’avais besoin de collègues. Donc The Hell Collective, c’est une association qui rassemble des femmes francophones actives aux Etats-Unis. L’association est née en Californie et elle s’est étendue depuis.
Et concrètement, c’est une association, un réseau d’entraide qui s’est révélé très puissant pour moi. Donc, j’ai rencontré d’autres femmes, d’autres parcours d’expatriés, certaines qui sont ici depuis 20 ans. Donc, j’ai énormément appris avec elles. Elles m’ont donné confiance en moi, elles m’ont permis d’aller plus vite, de comprendre comment fonctionnent les États-Unis. Et aujourd’hui, je suis membre du board de cette association, donc je suis engagée.
Un jour, un déjeuner important dans ta carrière, puisque tu vas rencontrer Benoît Clair, qui décide de remonter une rédaction pour le petit journal Los Angeles. Il te propose la rédaction en chef. Bon, t’es sorti de ce repas rassasié. Oui, alors je ne m’y attendais pas. C’était la toute première fois que je rencontrais Benoît Clair, que je ne connaissais pas.
Et c’est vrai que quand il m’a parlé de son projet d’ouvrir une édition du Petit Journal à Los Angeles, je lui ai dit oui rapidement, parce que c’est un projet qui me parlait complètement, qui avait beaucoup de sens pour moi. Ça faisait déjà trois ans que je couvrais la communauté francophone du sud de la Californie, que je commençais à bien connaître, avec beaucoup de reportages sur des artistes, des entrepreneurs, des restaurateurs, etc. Donc voilà, j’avais envie de me lancer dans ce nouveau projet avec lui. On avait la même vision du métier, tous les deux journalistes, lui avec une très longue expérience ici en Californie. Donc je me suis lancée.
Alors en effet, j’invite les auditeurs à découvrir le parcours de Benoît Clair. On a fait un podcast, lui et moi, sur son incroyable parcours parce qu’il a quand même eu des expériences assez incroyables. Aujourd’hui, tu as une zone, un territoire à occuper qui est vaste, on le disait tout à l’heure, qui est assez francophone, francophile. Il y en a beaucoup des Français qui sont établis sur ce territoire. Vous couvrez à peu près quelle période avec le petit journal Los Angeles?
Alors oui, c’est un territoire très grand, donc on couvre non seulement Los Angeles, qui est une métropole gigantesque, une succession de quartiers extrêmement étalés, mais aussi toute la circonscription qui s’étend jusqu’au sud du Nevada avec Las Vegas, Denver aussi, Colorado, l’Arizona, Phoenix. Donc c’est une circonscription qui est très vaste. On estime qu’il y a à peu près 60 000 Français, mais bon, les chiffres du… Les chiffres ne sont pas exacts, tout le monde n’est pas inscrit au registre des Français de l’étranger. Et le défi, c’est vraiment de rassembler ces Français qui sont beaucoup moins concentrés que dans des villes comme New York ou San Francisco, où la communauté française n’est plus rassemblée.
Là, on parle d’une communauté qui est fragmentée, donc c’est un défi géographique. Et heureusement, pour faire vivre cette édition, j’ai une très belle équipe de journalistes qui sont réparties dans différents endroits, donc ça nous permet vraiment d’être au plus près du terrain. Et quels sont les sujets qui marchent le plus? Alors, on est vraiment le média de la communauté francophone, donc pas seulement française, mais francophone, parce qu’on a aussi des Belges, des Québécois, des Suisses, etc. dans la circonscription.
On est un média de proximité, on s’adresse à la fois à eux, à ces lecteurs qui vivent ici aux États-Unis, mais aussi à un lectorat qui est en France, ailleurs dans le monde, parce que c’est une région qui fait beaucoup rêver, la Californie, etc., donc qui intéresse beaucoup. Les sujets qui marchent très fort, c’est ici le cinéma. Donc, j’ai deux journalistes cinéma qui sont tous les deux excellents dans leur domaine, donc Déborah Laurent et Claude Budin-Juteau. Déborah est jurée au Golden Globes, donc elle a accès en avant-première à des interviews et à des tapis rouges. Et Claude, c’est la même chose, il est juré au Critic Choice Awards, donc il a également accès depuis très longtemps à ses rendez-vous privilégiés.
Et donc le cinéma, c’est vraiment quelque chose qui intéresse beaucoup, qui marche très fort. Et ensuite, on fait beaucoup de portraits d’expatriés, un petit peu comme toi ici à la radio, des success stories dans tous les domaines, que ce soit la tech, l’éducation, la santé, pas mal d’artistes ici. Et ensuite, on aborde aussi des sujets spécifiques à l’immigration, y compris le contexte national et international et les répercussions qu’il peut y avoir sur la communauté française qui vit ici. Agnès, j’ai entendu parler d’un petit événement qui s’appelle les Jeux Olympiques de Los Angeles. C’est, je suppose, dans votre target.
On va beaucoup parler de cette zone du monde dans les prochains mois. Il y a de toute façon énormément d’événements qui ont lieu chez vous. Vous avez de quoi vous occuper visiblement à la rédaction. Oui, c’est vrai, il y a beaucoup d’événements intéressants qui se préparent. Les JO de LA, ce sera l’été 2028.
Le calendrier s’accélère. C’est un événement qu’on va suivre de près et qu’on suit déjà. Mais il n’y a pas que celui-là. C’est vrai que la région est passionnante, elle bouge beaucoup. On a une actualité culturelle qui est très riche avec toute l’actu du cinéma, Alden Globes, Oscars, etc.
On a une actualité sportive aussi importante, il y aura la Coupe du monde de foot. Los Angeles fait partie des villes hautes, donc c’est l’été prochain, ça arrive vite aussi. Donc c’est vrai que ça bouge beaucoup, on a une actualité qui est riche ici. Alors, si vous êtes sur cette zone ou si vous comptez vous y rendre, le réflexe, c’est le petit journal Los Angeles. Allez y faire un petit tour de l’information gratuite tous les jours avec des articles de qualité et une rédaction.
J’adore le petit journal, on est partenaire depuis plusieurs années et voilà, une humanité qui est présente et je suppose avec Benoît au quotidien qui doit faire plaisir aussi. On a une très belle équipe et vraiment beaucoup de chance de travailler dans ces conditions. On produit une information qui se veut à la fois exigeante, rigoureuse, mais aussi bienveillante. Donc voilà, on est proche de nos lecteurs. On a prévu aussi des événements qui vont se dérouler tout au long de l’année pour aller rencontrer les Français et les francophones qui vivent ici.
Donc n’hésitez pas à nous écrire, n’hésitez pas à venir nous voir. On sera toujours ravis de parler de vous. Eh bien, le lien pour arriver dans l’édition Los Angeles est disponible dans le descriptif de ce podcast. Agnès, je te laisse prendre ton petit déjeuner, car magie de la journée, moi, ma journée se termine, toi, il commence. Je te la souhaite excellente et au plaisir de te retrouver sur la radio.
Merci beaucoup, Gauthier, à bientôt.

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Podcast n°2656(février 2026)

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