Avez-vous déjà envisagé de changer de vie et de vous expatrier dans un pays où la qualité de vie est exceptionnelle ?
Dans cet épisode de « Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale » réalisé en partenariat avec l’association des Occitans dans le monde Racines Sud, nous explorons cette possibilité avec notre invité, Olivier Grellier, qui a choisi de s’installer à Vienne, en Autriche. Pourquoi cette ville est-elle si prisée par les expatriés et quels sont les défis et les avantages d’une telle aventure ? Préparez-vous à découvrir un témoignage inspirant qui pourrait bien vous donner envie de faire vos valises.
Olivier Grellier est un expatrié français vivant à Vienne depuis 2004. Originaire de la région parisienne, il a fait ses études à Toulouse Business School avant de partir pour l’Autriche dans le cadre d’un Volontariat International en Entreprise (VIE). Passionné de musique et attiré par la culture viennoise, Olivier a su s’intégrer dans cette ville tout en développant une carrière professionnelle réussie. Il est aujourd’hui à la tête de son propre cabinet de consulting, Go2Consult, et s’investit activement dans des projets sociétaux et solidaires.
Dans cet épisode, nous plongeons dans le parcours d’Olivier, explorant les raisons qui ont fait de Vienne un choix évident pour lui. Nous discutons de la qualité de vie exceptionnelle de la ville, caractérisée par une infrastructure bien développée, une sécurité élevée et un cadre de vie agréable. Olivier partage également son expérience professionnelle et son engagement envers des causes sociales, illustré par le prix de l’expatriation qu’il a récemment remporté. Enfin, nous abordons les atouts économiques de l’Autriche qui en font un lieu attractif pour les entreprises françaises cherchant à s’implanter en Europe centrale.
https://www.goconsult.at/engagementdurable
Transcription IA du podcast :
Et si ce podcast était le début de votre nouvelle vie… Bienvenue sur Français dans le Monde, le média de la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Olivier Grellier, direction Vienne, en Autriche. 10 minutes.
Il vient de gagner un prix, le Prix de l’Expatriation, proposé par l’Association des Occitans dans le Monde, Racines Sud, le prix de l’engagement sociétal et solidaire 2026, l’occasion de faire la connaissance d’Olivier, même si tu n’es pas un vrai Occitan de naissance et de souche. Olivier, bonjour.
Bonjour Gauthier, merci de m’accueillir.
On va revenir sur ton parcours, sur ta vie, dans ce qui est visiblement, dans les différents sondages, un endroit dans le monde où il fait extrêmement bon vivre, même si tu auras quelques conseils à donner. Et puis on va parler de ton expérience professionnelle.
Si tu veux bien, on commence par le début. Originaire de la région parisienne, études prépa HEC, et puis l’Occitanie va t’adopter lorsque tu vas te rendre à Toulouse Business School où tu vas vivre pendant trois ans. C’est quoi, c’est les Occitans, c’est le rugby, c’est la bouffe ?
C’est tout ça. En fait, c’est tout ça. Dès les entretiens, il y a des entretiens d’école de commerce pour passer les oraux, et l’accueil avait été fantastique, je me souviens, c’est ça qui avait eu ma faveur, en plus du fait d’avoir un peu de famille du côté de Fontenilles.
Alors tu vas faire tes études là-bas avec quelques expériences de stage, tu vas quand même faire le choix d’aller plutôt t’expatrier en Europe.
Voilà, ça a motivé mon choix le jour où RENAULT m’a proposé de faire un VIE soit à Zurich, soit en Angola, soit à Vienne.
T’as choisi Vienne.
J’ai choisi Vienne. Ça se passe en 2004. Rappelons ce que c’est qu’un VIE pour les auditeurs qui ne connaissent pas l’acronyme.
Oui, c’est le Volontariat International en Entreprise, qui est sous la houlette de Business France, qui fait un travail remarquable là-dessus. Et j’étais dans les premières vagues de VIE en Autriche, puisque le VIE remplaçait la coopération, donc les personnes qui ne voulaient pas faire le service militaire à l’époque pouvaient le remplacer par le fait de travailler en entreprise à l’étranger. Et quand le service militaire a été professionnalisé, ils ont développé le programme de Volontariat International en Entreprise.
Alors tu choisis l’Autriche, comment tu fais ce choix ? C’est parce que tu te renseignes un petit peu, tu rencontres des gens, tu lis des livres, tu surfes sur le net ?
Il se trouve que ma première formation, je suis pianiste, donc j’ai fait le conservatoire de musique. Et donc j’avais aussi un correspondant, puisque nos écoles en Allemagne, en Autriche, en France, ont poussé aux premières langues allemandes, et j’avais un correspondant germano-autrichien à Vienne. Je connaissais un petit peu, et Vienne était tout choisie pour moi, pour sa culture musicale et ses opéras quasiment journaliers.
Alors du coup, tu t’y rends, même si on peut prévenir les auditeurs : un expat qui arrive en Autriche n’est pas forcément extrêmement bien accueilli. Il n’y a pas beaucoup de chaleur humaine.
Ce n’est pas la Méditerranée. Voilà, ils sont un peu moins latin. J’ai vécu aussi un petit peu au Brésil, où on peut manger la feijoada chez la grand-mère deux jours après avoir rencontré quelqu’un. Je ne sais pas, ce n’est pas tout à fait ça ici. Mais par contre, les relations sont fortes une fois qu’elles ont été fondées, et il faut s’accrocher.
Je conseille à tout le monde de s’accrocher et de dire au passage que potentiellement on peut se faire enterrer en Autriche plutôt que de dire qu’on n’est que de passage. Ça rassure un petit peu. Et puis il faut prendre un petit peu de temps.
Tu vas d’ailleurs hésiter plusieurs fois à rentrer. Tu vas dire bon voilà, l’aventure autrichienne est terminée.
Finalement, tu y es toujours en 2026, donc ça s’est plutôt bien passé. Il faut être un peu patient pour entrer dans le cœur des Autrichiens.
Voilà, des Autrichiens de l’Autriche. Après, c’est un pays qui est très international, puisque l’ONU a un siège à Vienne. Il y a l’OPEP, l’OSCE, l’ICMPD. Je vous invite aussi à regarder toutes les organisations internationales qui sont à Vienne. Je suis d’ailleurs conseil auprès du Staff Council de l’ONU, et en plus de mes autres activités.
Et donc, il y a beaucoup d’organisations internationales à Vienne, ce qui fait qu’on peut aussi se passer du contact avec les Autrichiens. Certains font ça, font ce choix-là.
En ayant fait du tennis, du football, différentes activités, j’ai eu la chance d’évidemment rencontrer des Autrichiens fantastiques.
Alors tu vis aujourd’hui dans un appartement dans le 7ᵉ au cœur de la ville. Pourquoi cette ville est-elle si bien classée par les expats ? Pourquoi fait-il si bon vivre à Vienne ?
Alors en fait, c’est vraiment un cocktail incroyable et détonnant, puisque l’eau qui vient du robinet vient des montagnes. Il faut savoir qu’une grande partie de l’Autriche, c’est de la montagne. L’eau qui coule des robinets est très pure, j’ai la peau toute douce grâce à ça.
Les transports sont très bien organisés, ils sont doublés, voire triplés : le bus, le tram, le métro. La sécurité, et au jour le jour, on n’est pas inquiet pour ses enfants ou sa femme qui rentre un peu tard le soir, même s’il faut toujours faire attention. Mais c’est vrai que ça fait partie du bon vivre.
Et je crois aussi, au passage, qu’ils ont une tradition sociale qui fait qu’ils ont décidé de ne pas taxer l’héritage en Autriche autant qu’en France. Ce qui fait que beaucoup d’Autrichiens sont propriétaires d’appartements, que ce soit à Vienne ou en région. Et ce qui fait que les prix de l’immobilier ont été assez maintenus bas, avec une politique forte de logements sociaux. Ce qui fait que ça relaxe aussi tout le monde, même si les derniers temps géopolitiques ne vont pas dans ce sens-là.
J’imagine que l’inflation est quand même, depuis 2020, en cours dans la ville.
Oui, ça se ressent. Inflation sur les prix, sur les appartements, à l’achat ou à la location, et dans la vie quotidienne. Mais encore, en comparaison avec les loyers parisiens par exemple, on est quand même pas mal, et on a souvent plus de surface. Et ce qui contribue au luxe, pour moi, c’est l’espace et le temps.
Donc, comme on se déplace facilement à Vienne et qu’on vit dans des endroits avec un peu plus de place, on va au restaurant, on n’est pas les uns sur les autres, ou dans le métro on n’est pas les uns sur les autres. Ça contribue à une certaine tranquillité.
Alors tu as, côté professionnel, 20 ans d’expérience dans la direction financière, et puis tu vas décider de monter ton propre cabinet de consulting, GO 2 Consult (GO2C.eu). Aujourd’hui, tu es référencé par Business France.
Notamment, tu incites les entreprises françaises à investir en Autriche. C’est quoi les grands atouts ?
Puisqu’il fait bon vivre à Vienne, évidemment, c’est un avantage assez certain pour les employés des grandes entreprises qui aimeraient venir ici. L’Autriche est aussi centrale en Europe et en Europe centrale. Et donc on a beaucoup de pays limitrophes. On est proche de la République tchèque, de la Hongrie, l’Italie est là — c’est-à-dire que les pizzas à Vienne sont excellentes. On est au sud de l’Allemagne. Donc c’est très central en Europe.
Il y a une bonne qualité de vie, un bon niveau de vie et quand même un pouvoir d’achat assez certain. Donc ça contribue évidemment à l’attractivité de Vienne.
Et surtout, les partenaires économiques : les Autrichiens, avec la Chambre de commerce franco-autrichienne qui est très forte, toutes les associations françaises, Atout France pour le tourisme, mais aussi la Wirtschaftskammer Österreich, la Chambre de commerce autrichienne, la Vienna Business Agency, l’Austria Business Agency, font tout pour faciliter, de façon très professionnelle, l’intégration en Autriche.
Et pour conclure, on parle de ce prix de l’Expatriation proposé par Racines Sud cette année, prix Engagement sociétal et solidaire.
Un petit mot, parce que dans ta vie, tu as connu à l’âge de 13 ans une grave maladie, un staphylocoque doré. Et depuis, ça t’a profondément changé, l’envie d’aider les gens, d’aider les structures, les associations. Et ce prix, ça récompense ce parcours.
Oui, en fait, ce n’est pas vraiment calculé. C’est-à-dire que je me suis rendu compte — on est toujours plus intelligent après peut-être — donc le temps passe et les pièces de puzzle dans la vie se mettent ensemble.
C’est vrai que cette maladie et cette longue hospitalisation font que j’ai toujours été un petit peu décalé, à part, spécial, hyperactif aussi, puisque vraiment faim de croquer dans la vie. Et j’ai toujours voulu rendre, si je pouvais, ce que j’ai récupéré, ce dont j’ai pu profiter.
Je suis très reconnaissant envers le système médical français, sur l’accompagnement que j’ai pu avoir. Aux États-Unis, ma famille serait endettée sur trois générations peut-être.
La création de mon cabinet, c’était aussi pour aider chacun à monter son entreprise. Une fois que j’ai fait ça, j’ai voulu aider, et j’aime aider par mes connexions, mes relations, mon expertise, mon flair, les organisations qui peuvent avoir besoin d’aide. Donc j’aime aider à aider.
Dans les organisations que je soutiens, par exemple, il y a kleineherzen.or.at, les petits cœurs, qui vient en soutien aux enfants défavorisés, handicapés, orphelins d’Ukraine et du Cambodge. Il y a Vienna Mission for Ukraine (vm4u.org) qui vient en aide aux personnes touchées par la guerre. Il y a CEHRI.org, le centre qui vient en aide aux victimes de crimes de guerre et qui œuvre pour la justice thérapeutique. Je soutiens aussi l’association dupmecp2.eu qui apporte du soutien aux familles touchées par le syndrome de duplication du gène MECP2 par exemple.
Le prix est visiblement mérité, Olivier. Bravo aux équipes de RACINES SUD d’avoir fait ton choix pour te remettre ce prix d’engagement.
Je pense que la vie à Vienne est bien établie aujourd’hui. Plus de question de revenir revivre en France.
Il ne faut pas dire Fontaine, je ne boirai plus de toute l’eau. Comme l’eau est meilleure en Autriche, a priori.
Il se trouve que j’ai eu la chance — et l’expatriation comme la création d’entreprise, je dis souvent, il ne faut pas être manichéen. C’est-à-dire qu’on peut créer son entreprise tout en étant salarié. Les gens ne le savent pas forcément.
On peut être expatrié tout en voyageant régulièrement vers ses racines, revenir à ses racines. Moi, j’ai toujours été très proche de mes amis ou de ma famille. J’ai eu la chance de travailler pour de grands groupes français où j’avais des réunions régulières en France. Donc ça m’a permis de garder le contact, de ne jamais vraiment me sentir seul.
Et honnêtement, dans mon cas en tout cas, Vienne, c’est un saut d’avion de Paris.
Petit passage : si Atout France et nos amis français veulent bien travailler à une liaison Vienne–Toulouse en avion, ce serait bienvenu.
On va voir si la radio des Français dans le Monde a ce pouvoir. Merci Olivier d’avoir témoigné sur notre antenne, et au plaisir de te retrouver.
Avec grand plaisir, merci Gauthier.
_______________________________
Podcast n°2639 (janvier 2026)
Francaisdanslemonde.fr : le média de la mobilité internationale
Radios & podcasts disponibles partout, cherchez « FRANCAIS DANS LE MONDE »
Installez l’APP pour votre mobile
www.fdlm.fr


