Cambridge : La Francophonie en action avec Anne Pajon

Avez-vous déjà pensé à l’importance de maintenir une langue maternelle lorsque vous vivez à l’étranger ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », Gauthier Seys nous emmène à Cambridge pour explorer cette question cruciale avec Anne Pajon, directrice de l’école Les Petits Caméléons, qui fait partie du réseau Parapluie FLAM UK. Ce réseau s’efforce de promouvoir le français langue maternelle auprès des enfants bilingues, nés dans des familles multiculturelles où l’un des parents est francophone. Avec plus de 150 000 Français résidant au Royaume-Uni, ces écoles jouent un rôle essentiel dans le maintien de la langue et de la culture françaises.

Anne Pajon, d’origine orléanaise, a un parcours fascinant qui l’a menée de la France à la Belgique pour ses études doctorales, et finalement à Cambridge en 2002. Bien qu’elle soit française, elle a passé la majeure partie de sa vie professionnelle à l’étranger, notamment dans le domaine de la bio-informatique. Son expérience personnelle d’expatriation et sa vie de famille multiculturelle, avec un mari brésilien et deux enfants trilingues, l’ont sensibilisée à l’importance de l’apprentissage et du maintien des langues. Anne a su naviguer dans les défis linguistiques et culturels, ce qui l’a inspirée à s’engager dans la création d’une école pour aider d’autres familles dans une situation similaire.

L’épisode aborde la création et le fonctionnement des Petits Caméléons, une école qui offre des cours de français à des enfants âgés de 5 à 16 ans. L’accent est mis sur l’importance de l’apprentissage du français non seulement comme langue, mais aussi comme vecteur culturel, en intégrant des activités telles que le théâtre et les sciences. Anne explique comment l’école favorise une ouverture sur le monde francophone, au-delà de la France, en intégrant des perspectives culturelles variées. Elle lance également un appel aux écoles du monde entier pour établir des échanges épistolaires, afin de renforcer l’apprentissage et l’intérêt pour la langue française chez les enfants.

https://lespetitscameleons.org.uk/

Transcription IA du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gautier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Anne Pajon direction Cambridge et les petits caméléons, une école du réseau parapluie Flamme UK. 10 minutes.
Je vous emmène à 50 minutes en train dans le nord de Londres. C’est Cambridge, connu notamment pour son université et son pôle de recherche. On va y retrouver Anne sur place. Bonjour, bienvenue Anne. Bonjour, bonjour tout le monde.
Content de te retrouver puisque si vous avez découvert le podcast réalisé à l’occasion de la journée par appui Flamme, j’ai eu l’occasion de t’inviter au micro lors de cette journée. On va rappeler aux auditeurs ce que c’est Flamme. C’est un acronyme. Oui, c’est le français langue maternelle et c’est un acronyme qui est utilisé justement pour se différencier du français langue étrangère et donc c’est un chapeau, un parapluie ou ce qu’on veut pour différencier, donc essayer de faire la promotion du français langue maternelle auprès des enfants bilingues, c’est-à-dire qui sont nés dans des familles multiculturelles dont un des parents ou une des personnes vient de la culture francophone. Avec plus de 150 000 Français basés au Royaume-Uni, beaucoup d’enfants, il faut donc maintenir le français pour eux, et d’où ces petites écoles.
On va parler des petits caméléons de Cambridge dans un instant. Profitons d’être à Cambridge avec toi, tu y es depuis 2002, pour me faire un petit peu le décor de la ville. C’est comment ? C’est joli ? A priori, il y a plein de.
Beaux bâtiments. Oui, c’est tout à fait très joli, très typique d’une ville universitaire très ancienne, avec ses collèges, ses super beaux jardins dans les collèges. Et puis surtout la rivière aussi, où on peut faire du bateau, un peu comme à Venise. Ce n’est pas tout à fait la même. Météo, peut-être.
Peut-être un peu plus. Frais, peut-être. Peut-être un peu plus frais, mais quand même ensoleillé malgré tout, et très agréable grâce à une vie universitaire très vivante, à une très bonne université, plein d’instituts de recherche, et donc une vie assez vibrante sans être une trop grosse ville, donc c’est un bon compromis entre une ville et quand même un esprit assez vert, sans trop de bâtiments tout en hauteur, donc ça c’est agréable. Et beaucoup, beaucoup de vélos aussi, c’est chouette pour. Se déplacer.
Anne, on va revenir à Orléans, si tu le veux bien, pour évoquer ton parcours. Toi, tu es originaire de Orléans avec tes universités, ton université qui a été faite là-bas, de la musique, du conservatoire. Qu’est-ce que tu joues comme. Instrument ? Je joue de.
La flûte traversière. Très bien, tu fais ton master à Paris et puis c’est parti pour l’expatriation puisque tu vas faire ton doctorat à Bruxelles. Et alors là, une petite particularité, c’est qu’à partir de ce moment là, tu ne remettras plus les pieds en France, à part pour les vacances, évidemment. Mais en tout cas, tu ne vas jamais travailler dans le système français. Alors, tu es une Française, mais comme tu me disais en préparant l’interview, une Française qui n’y a.
Jamais vécu quasi. Exactement, donc je ne connais pas vraiment tous les codes de la France. C’est intéressant en fait, parce que quand on parle vraiment bien la langue, on est souvent reconnu comme français, mais en fait, en n’ayant vécu qu’à l’étranger. Et puis, en fait, je ne fais que mes études en France. Merci d’ailleurs la France pour ça.
Mais ensuite, depuis l’expatriation du doctorat à Bruxelles, c’est aussi le début de carrière dans la recherche et donc c’est pas toujours la France qui est le pays le mieux placé en Europe pour offrir des carrières et du travail. Dans cette branche. Alors quand tu arrives, tu bosses dans la bio informatique, tu arrives en 2002, je l’ai dit, au début, pour bien t’intégrer, tu parles pas très bien l’anglais, tu évites les cercles français, tu mets la BBC toutes les journées, tu veux vraiment t’y. Mettre à l’anglais. Oui, parce que je savais déjà que c’était très important.
Les langues n’ont jamais vraiment été mon fort. Donc, l’expatriation à Bruxelles, c’était assez facile, en fait. Merci de parler aussi français en Belgique. Mais le milieu de la recherche et des sciences, évidemment, est majoritairement en anglais. Tout se passe en anglais.
Et donc, je sentais l’importance. Enfin, j’ai toujours su l’importance, mais venant d’Orléans, pas fortement l’envie de pratiquer les langues. Je faisais beaucoup de musique aussi à côté, donc ce n’était pas du tout ma passion de parler plusieurs langues, loin de là. Quand je suis arrivée en Angleterre, c’était un peu un. Choc quand même.
Alors il t’a fallu combien de temps pour te sentir un. Peu à l’aise avec cette langue ? À l’aise, je ne sais pas, mais quelques années quand même pour commencer à bien pouvoir m’insérer dans les réunions et pouvoir. Faire passer mes messages. Alors si je peux me permettre, quand même, tu vas chercher la complexité, Anne, puisque tu vas rencontrer ton futur mari qui, lui, est brésilien.
Et vous avez donc aujourd’hui une famille avec deux enfants de 15 et de 18 ans, avec trois nationalités différentes au final. Il y a le portugais qui rentrait dans la danse, donc tu as dû. Apprendre aussi le portugais. J’ai dû apprendre le portugais. Peut-être que c’est plus facile à apprendre, en tout cas à comprendre, que peut-être l’anglais.
C’est une langue latine qui est assez proche aussi du français. Après, le parler, c’est tout un art. C’est comme toutes les langues. Mais la difficulté, c’est aussi ce qui est intéressant dans la vie. C’est pour ça qu’on progresse.
quelques challenges, c’est toujours bien, et donc l’arrivée en Angleterre a été un challenge au niveau de la langue, de s’insérer, et puis ensuite, effectivement, rajouter une troisième langue, ça. A été intéressant aussi. Alors résultat, lorsque les enfants ont terminé l’école, il y a une jeune fille au père qui est portugaise, qui parle un peu avec eux. Toi, tu maintiens le français aussi, et puis évidemment, un jour, Tu vas te poser la question de savoir comment le français peut être maintenu le mieux possible. Ça va passer par l’Alliance française qui va conseiller à une bande de parents qui ont la même problématique que toi, de créer une petite école flamme.
Cinq ou six parents s’unissent il y a une dizaine d’années pour créer les petits caméléons. À ce moment-là, alors je voudrais l’expliquer pour les auditeurs, c’est-à-dire que dans d’autres villes, partout dans le monde, d’autres familles peuvent se retrouver dans cette situation avec quelques enfants à qui on voudrait bien leur donner des cours de français et les réunir autour de cette langue le samedi matin, par exemple, comme souvent dans le réseau Flamme. Comment ça se crée à ce moment-là ? Qu’est-ce qui. Fait boule de neige ?
Ce qui fait boule de neige, c’est que dès que les enfants rentrent en primaire, c’est difficile de maintenir une deuxième ou une troisième langue face à l’anglais parce qu’ils vont à l’école anglaise toute la journée. Et puis quand même, l’anglais est une langue assez dominante dans le monde.
Ce n’est pas évident de maintenir les langues et on voit aussi que juste parler, enfin moi, je pensais que juste parler ensemble, ça ne suffirait pas. Et l’apport d’un groupe et d’autres points de vue, d’autres idées et de se mettre à plusieurs, c’est toujours chouette aussi parce qu’on met en commun des besoins, comme trouver des profs, comme trouver des salles, que faire ça tout seul, c’est compliqué. Et puis se retrouver ensemble, c’est aussi potentiellement créer des amitiés, créer des liens avec d’autres gens. et d’apporter aussi une vie à la francophonie qu’on n’aurait pas si on restait tout seul, parce qu’on apporte juste son propre chemin. Donc, je pense que c’est ça qui est important, en fait, quand on se retrouve à plusieurs, et puis aussi de détendre à la francophonie en général, pas juste dire la France, en fait.
C’est très centré France, souvent. Moi, je pense que ce qu’il y a de bien aussi, c’est d’intégrer à la fois les Canadiens francophones, les Belges et tous les autres pays On parle aussi français ailleurs dans le monde et avec qui on peut travailler, où il y a des professeurs aussi des fois qui viennent de ces pays-là et qui apportent aussi une couche très intéressante et différente que du système français classique. Alors souvent, quand on parle de flamme, c’est très la France, la France, la France, mais je pense qu’il y a une ouverture nécessaire à la francophonie. à la francophonie en général et sans, oui, en étant ouvert et assez horizontal en. Prenant tout le monde au chemin.
Alors l’Alliance Française vous dit, créez une école, il y a une possibilité de subvention parce qu’on rappelle que vous êtes tous bénévoles quand même au moment de la création de tout ça, il faut trouver un lieu en l’occurrence aujourd’hui. Vous êtes au collège de Parkside, il faut trouver un lieu pour pouvoir vous réunir. On s’en sort quand on crée ou on est un peu débordé par tout ce qu’il y a à créer, rassembler les enfants. Trouver un lieu, monter des statues. Oui, on s’en sort parce qu’on n’est pas tout seul et puis c’est quand même en Angleterre assez facile de pouvoir trouver des lieux pour louer.
Il y a beaucoup d’écoles ou de centres communautaires qui sont à la location, donc ça c’est assez flexible par rapport peut-être à la France. Je dis ça en comparaison, même si je n’ai pas travaillé, j’ai quand même des parents qui sont dans le milieu associatif et donc qui me rapportent des informations. Et je trouve qu’il y a beaucoup plus d’ouverture ici, de possibilités de louer, donc l’allocation c’est assez facile. Puis payer des gens pour donner des cours, c’est aussi beaucoup plus facile. Les contrats de travail peuvent être beaucoup plus flexibles, on peut avoir des gens qui travaillent à leur compte, qui travaillent pour nous.
Donc après, il y a tout l’aspect des policiers, du safeguarding, de la protection de l’enfant. C’est plutôt ça, en fait, quand on a la responsabilité de prendre en charge des enfants. Il y a tout un aspect de prendre soin d’eux et d’être à leur écoute et aussi de rapporter s’il y a des problèmes, qui est en fait ça le point majeur, je pense, et le plus important et le. Plus difficile quand on s’occupe d’enfants. Aujourd’hui, vous avez la responsabilité de 157 enfants répartis dans 10 classes.
Ils ont de 5 à 16 ans. On se rassemble le samedi matin. C’est assez long, de 9h30 à 12h30. Mais il y a des cours de français. Puis vous allez un peu plus loin.
Vous aimez aussi les découvertes du monde. Tout ça est en liaison directement avec ce que tu me disais sur la francophonie. Ouvrir un peu les enfants. En parlant français au monde entier. Oui, tout à fait.
C’est principalement orienté histoire-géographie dans le programme un peu classique francophone, mais c’est aussi ouvert à faire du théâtre, des sciences ou d’autres choses. Et vraiment, le point fort du départ pour lequel on a poussé cette organisation, c’est vraiment d’utiliser le français pour autre chose que de faire du français. il me semblait que c’était important que juste apprendre à bien écrire et à bien parler, ça me semblait important mais pas nécessairement le plus important parce qu’en fait c’est faire des choses en français qui peut être chouette et de voir aussi ce que je trouvais intéressant c’est en suivant le parcours en fait anglophone de l’école primaire et leur approche par exemple sur la seconde guerre mondiale ou des choses comme ça de pouvoir aussi avoir finalement le point de vue français et de leur ouvrir le point de vue culturel, en fait. Les biais culturels ou les informations qu’on peut mettre en avant, évidemment, surtout entre l’Angleterre et la France, qui ont quand même une histoire commune et beaucoup de choses en commun, des fois un peu en conflit aussi. Mais c’est donc intéressant, en fait, de amener des jeunes qui sont dans deux pays si proches, avec des histoires.
En commun, de pouvoir explorer ça. On est toujours un peu chien et. Chat, les Anglais et les Français. Oui, un petit peu chien et chat, exactement. Et donc, dans l’histoire récente moins, mais dans l’histoire ancienne, il y a quand même pas mal de chien et chat.
Et donc, c’est intéressant de voir aussi comment chacun raconte son histoire et utiliser les différentes langues pour en faire quelque chose d’intéressant et d’augmenter son vocabulaire et l’intérêt à la culture en général. Plutôt que juste maîtriser le français. Anne, on termine ce rendez-vous qui parle des petits caméléons de Cambridge en lançant un appel. On est écoutés dans le monde entier, à part en Corée du Nord, je ne sais pas pourquoi, mais sinon, on nous écoute de partout et. Vous avez un appel à lancer.
Oui, au Petit Caméléon, on adore faire des échanges pour encourager nos élèves à écrire. Et donc, si cela vous parle et que vous avez envie, vous pouvez nous contacter. On aimerait trouver une école n’importe où dans le monde, évidemment une école francophone qui parle français, avec qui on pourrait faire des échanges, ou alors une école française qui aurait aussi envie de faire des échanges avec nous. Voilà, lance un appel, on. Est à la recherche de quelqu’un.
Rendez-vous sur lespetitscaméléons.org.uk. Anne, merci pour cet échange. Tu salues toute l’équipe, tu salues tous les enfants et tous les parents des enfants de cette belle école du Parapluie. Flamme UK à Cambridge. À bientôt.
À bientôt.
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Podcast n°2618 (janvier 2026)

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