L’amour à travers les frontières, la belle histoire de Caroline Peters Amatte

Avez-vous déjà envisagé de tout quitter pour suivre votre cœur à l’autre bout du monde ?

Dans cet épisode de « 10 minutes, le podcast des Français dans le monde », Gauthier Seys nous invite à explorer les défis et les joies de l’expatriation à travers le récit captivant de Caroline Peters Amatte. Originaire d’Angers, Caroline partage son expérience de vie entre deux cultures et les obstacles qu’elle a dû surmonter pour s’adapter à une nouvelle vie au Canada. Son histoire remet en question les idées reçues sur la mobilité internationale et met en lumière les raisons profondes qui poussent certains à s’installer à l’étranger.

Caroline Peters Amatte, notre invitée du jour, est une entrepreneuse française qui a décidé de suivre son cœur jusqu’à Toronto, au Canada. Après des études dans le domaine de la santé et un parcours professionnel bien établi en France, Caroline a tout quitté pour rejoindre celui qui allait devenir son mari. Aujourd’hui, elle est non seulement une femme d’affaires accomplie avec son studio de bien-être OHA Wellness, mais aussi une mère de famille épanouie. Son parcours est un témoignage vibrant de résilience et d’adaptation, illustrant comment elle a su transformer les défis de l’expatriation en opportunités de croissance personnelle et professionnelle.

L’épisode aborde les nombreux aspects de la vie d’expatriée, depuis les défis linguistiques et culturels jusqu’à l’importance de la santé mentale. Caroline partage ses réflexions sur la nécessité de se réinventer, de faire face à l’inconnu et de trouver un nouvel équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Elle évoque également les différences dans le système de santé canadien, notamment en matière de suivi de grossesse, et l’importance qu’elle accorde à la prévention et au bien-être mental. À travers son témoignage, Caroline nous rappelle que l’expatriation est une expérience enrichissante qui, bien que parsemée de doutes et de difficultés, peut mener à une vie pleine de sens et de satisfaction.

https://www.linkedin.com/in/caroline-amatte/?locale=fr_FR

Transcription IA du podcast :

Vous allez plonger au cœur d’une nouvelle histoire inspirante. Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Caroline Amat. Oh non ! Que dis-je ?
Caroline. Peters Amat. 10 minutes.
Sur la radio des Français dans le Monde, on lutte contre les clichés liés à la mobilité internationale. Les Français quittent le pays pour payer moins d’impôts. Non, ce n’est pas la réalité. Souvent, c’est par amour. Et justement, on en aura la preuve avec notre invitée.
Caroline, bonjour. Et bienvenue. Bonjour, Gauthier. Merci. Pour l’invitation.
Alors toi, tu es originaire d’Angers, les Pays de la Loire. Tu fais tes études là-bas. Tout le chemin, tout ton parcours t’a mené à rester à. Angers, finalement. Exactement.
J’étais prédestinée à encore faire quelques dizaines d’années. Après, c’est 25 ans déjà dans. Le Mélé-Loire. Alors, il va y avoir un coup de théâtre, je vais vous raconter. Au bout de cinq ans d’études, tu travailles dans le domaine de la santé.
Ton rêve, c’est d’être dentiste. Finalement, il y aura des petits changements de programme. Tu décides de partir en Asie du Sud-Est avec une amie pendant deux mois, de voyager un peu dans le monde. Tu découvres la Thaïlande, le Cambodge. C’est très enrichissant et puis il va se passer.
Une rencontre. Une rencontre, et c’est surtout la rencontre. Oui, gros coup de foudre. Alors, je rencontre mon futur mari. Bon, alors à l’époque, j’étais loin de penser que ça allait devenir mon mari, le père de mes enfants.
Mais ça a été le gros coup de foudre. Et puis, surtout, je rencontre en fait un anglophone. Alors, il faut savoir que je ne parlais pas du tout anglais à l’époque. Et je rencontre donc un anglophone canadien qui habite dans le froid, comme on. Peut s’imaginer.
Alors une fois en France, tu réfléchis un peu, tu te dis bon, il faut que je me lance dans l’aventure. Tu décides d’aller le rejoindre au Canada. Il vit à Toronto. Tu arrives en février là-bas. Il fait moins 20 degrés.
Tu as une petite doudoune française qui ne te sert à rien. Le début est un petit. Peu difficile. Tout à fait, j’arrive avec ma doudoune française, chic, pas du tout prévue pour les moins 20 degrés qui m’attendaient et pas du tout prête à rencontrer cette nouvelle culture, le climat et puis aussi cette nouvelle langue qu’il fallait que j’apprenne complètement. Donc ça a été vraiment un nouveau départ sur tous.
Les points. Ton meilleur ami, c’est Google Traduction à ce moment-là, même avec ton mari, parce qu’il y a un petit mélange franglais qui s’installe. Et puis, tu découvres que ce n’est pas si simple. Les premiers mois sont difficiles. Trouver un boulot, par exemple, il faut être sponsorisé par une société.
Tu vas finir par trouver un boulot dans un centre de santé communautaire. Mais on va dire que les six premiers mois, tu as douté peut-être de t’être lancé. Dans l’aventure.
Complètement, j’ai douté, j’ai pleuré. Il faut le dire, ça a été difficile. Ça a été, je pense, une des plus difficiles, une des étapes les plus difficiles de ma vie, définitivement. Parce qu’on doit vraiment se réinventer, en fait. On est un peu déraciné, donc il faut vraiment retrouver, donc il faut apprendre une nouvelle langue, comprendre une culture et puis se refaire une carrière.
Parce que quand on arrive au Canada, on a souvent tendance à penser qu’on va repartir d’où on est venu. Mais ce n’est pas du tout le cas, il faut souvent passer par la petite porte. pour ensuite gravir les échelons, si on parle vraiment le bon français. Donc, il fallait accepter tout ça aussi. Il fallait accepter des nouveaux pas, ce qui n’était pas forcément ceux que j’avais envisagé ou que j’avais rêvé.
Et puis, il faut juste laisser le temps, je pense. C’est de l’acceptation, c’est laisser du temps au cerveau, au corps aussi, de. Se réadapter. Alors c’est vrai qu’il faut le dire, on peut avoir un coup de mou quand on vit en expatriation. Le quotidien peut être difficile, on est loin de sa famille, tous ces repères qui changent.
C’est bien d’en parler parce que tu es sensible au sujet de la santé mentale. On a 100 000 auditeurs tous les jours qui nous écoutent aux quatre coins du monde et qui doivent aussi vivre parfois des périodes où il y a le doute. Qui s’installe.
Oui, tout à fait. Et puis ce que je pourrais peut-être dire aussi, c’est que la vie est faite de doutes. sur beaucoup d’autres sujets aussi. Quand on s’expatrie, on va dire que ça accélère aussi certains doutes, certains questionnements sur nous-mêmes, mais qu’on aurait peut-être été confronté à ces doutes-là ou en tout cas à des questionnements dans le futur. Donc ça, c’est comme si on faisait tout en accéléré.
Après, je prends ça vraiment comme une expérience positive parce que ça m’a amené à réfléchir à qui je voulais être, qui je suis, qui j’étais. Et puis surtout, essayer de refaire des fondations qui sont. Complètement solides. Alors tout va bien se passer parce que six ans plus tard, il va y avoir un mariage en 2023, une première grossesse en 2024, une deuxième grossesse en cours. Donc ça, c’est plutôt la bonne nouvelle.
Tu vas même devenir citoyenne canadienne. Un petit mot sur l’immigration, parce que ce n’est quand même pas un sujet fastoche. Au Canada. Oui, tout à fait. Alors moi, je suis arrivée, comme je l’expliquais un peu, sur un coup de tête.
Voilà, coup de foudre, coup de tête, on part, on quitte tout. Et donc, il n’y a pas du tout le temps de faire les permis de travail ou quoi que ce soit. Je suis arrivée en tant que visiteur et puis j’ai trouvé un employeur qui m’a sponsorisée. Donc, j’ai eu un permis de travail fermé, donc je ne pouvais travailler qu’avec cet employeur-là. Et puis, deux ans après, je me suis dit que j’aimerais bien quand même pouvoir peut-être explorer d’autres opportunités de travail.
Et donc, j’ai appliqué à la résidence permanente que j’ai obtenue. Et ensuite, j’ai eu la Citoyenneté canadienne. Mais c’est vrai que ce n’est pas simple. Il faut savoir que mon ancien travail, en plus, je travaillais avec l’IRCC, donc l’immigration réfugiée Canada, le ministère de l’immigration, et on a souvent tendance à se dire je vais exercer le même métier quand je m’expatrie là-bas, alors qu’en fait il y a aussi quelques soucis parfois d’équivalence de diplôme. Il faut le savoir, donc il y a des équivalences à repasser.
Moi j’ai eu la chance avec le master que j’ai eu, je n’ai pas eu besoin de refaire en fait C’est l’équivalence des diplômes et il y a beaucoup de domaines, de secteurs d’activité qui sont réglementés. Comme le domaine de la santé, de la petite enfance, des choses. Comme ça. Alors on a fait un dossier très complet sur la grossesse en expatriation. Tu en vis une deuxième aujourd’hui.
Là aussi, tous les repères ont changé. Alors certes, tu n’as pas eu de grossesse en France, mais tu avais des amis qui ont connu ça, la famille, etc. Là, tu te rends compte que c’est différent. Il y a des plus et. Les moins.
C’est une belle expérience. En tout cas, pour moi, ça a été une belle expérience parce que je priorise la santé mentale. Voilà, ça veut tout dire et rien dire à la fois. Si je parle un peu de ce qui a été un peu plus difficile, c’est la différence, par exemple, on a un rendez-vous, donc vous avez votre rendez-vous, soit chez la sage-femme ou chez le médecin, le gynécologue, par exemple. et puis il va vous envoyer en fait dans un centre spécialisé, ou parfois c’est à l’hôpital, pour faire vos échographies.
Et donc là, vous arrivez, votre conjoint ou conjointe n’est pas acceptée en fait dans la salle, donc vous êtes seule. Et puis pour un premier enfant, moi je trouvais ça assez difficile en fait d’être toute seule, on ne sait pas ce qui va se passer. Et en fait le praticien, donc le technicien, est juste là pour faire l’échographie, mais il ne va délivrer aucun résultat, verbalement. C’est-à-dire qu’on fait l’avographie, on est comme ça, on ne voit pas d’écran, parce que l’écran est tourné vers le praticien et non vers nous, donc on ne voit même pas son bébé. Et en fait, c’est le médecin.
Donc au prochain rendez-vous, vous avez un rendez-vous dans une semaine, par exemple, qui va vous donner les résultats ? Est-ce que votre bébé va bien ? C’est-à-dire que pendant une semaine, vous patientez ou vous vous impatientez. Ça, c’est le côté un peu négatif. Et puis le côté positif, par contre, je remercie énormément ma médecin c’est la prise en charge, en tout cas le soutien de la santé mentale.
A chaque fois, en fait, c’était « Madame, comment vous allez ? Comment vous vous sentez ? » Ce n’était pas juste « Ça va, vous avez quelques nausées ? » Non, non, c’était beaucoup plus poussé, c’était « Comment vous. Vous sentez avec les hormones ?
» Mentalement. Et ça, moi, j’ai beaucoup apprécié. Aujourd’hui, te voilà donc maman et femme entrepreneur à Toronto. Un petit mot sur le quotidien à Toronto. C’est pareil, on dit que ce sont des cousins, les Canadiens.
Non. Il y a beaucoup de différences. Le quotidien, la nourriture, la vie, les loisirs. Mon quotidien est bien rythmé. J’ai un bébé de 14 mois que je m’occupe quand même une bonne partie de la semaine.
Et puis, j’ai mon entreprise à côté avec une équipe de 12 personnes. Donc, heureusement, j’arrive à déléguer et puis notre centre tourne correctement, mais j’ai besoin quand même de beaucoup travailler. Donc moi, mes journées, ce n’est pas du 9h-5h, pas du tout. Je me lève tôt le matin, je travaille un peu le matin, après je m’occupe de mon enfant pour presque toute la journée. Quand il dort, quand il dort, je retravaille et puis je travaille aussi le soir.
Donc c’est vrai que les grandes vacances, les cinq semaines de vacances qu’on a en France ou les week-ends prolongés, ce n’est pas vraiment pour moi, mais je me sens très. Très alignée avec ce que je fais. Je regrette, mais en aucun cas, Tu as monté OHA Wellness, un studio de bien-être. L’idée, c’est de soutenir la santé mentale par le mouvement. Donc tu es un.
Peu dans le même esprit que ce que tu avais fait comme étude finalement. Oui, c’est lié, c’est relié. Je suis allée un peu plus loin. On va dire que si je peux donner mon avis sur le système de santé. Le système de santé, en fait, il est surtout fondé sur du traitement.
On va traiter des symptômes. Alors moi, j’ai voulu prendre la chose un petit peu différemment et aller plutôt sur de la prévention. Et pour moi, si on se bouge, si on prend soin de sa santé mentale, on réduit notre stress, c’est la première chose, on va se sentir mieux et. Donc on va peut-être moins avoir besoin d’utiliser les services de santé actuels aujourd’hui. Si on regarde dans le rétroviseur aujourd’hui, j’imagine lorsque tu as annoncé à ta famille que tu allais rejoindre ton petit ami qui vit à Toronto, la famille a dû lever les yeux au ciel en disant mais qu’est-ce que tu vas faire ma.
Fille ? Quand on regarde un petit peu dans le rétroviseur, tu regrettes rien ? Rien. Rien du tout. Je me sens épanouie, heureuse.
Non, je n’ai jamais été aussi heureuse, en fait. Je ne regrette rien du tout. C’est sûr qu’il y a des hauts et des bas, mais c’est la vie, en fait. Donc, même si j’étais restée, je pense qu’on aurait eu aussi des hauts et des bas. Oui, ce n’est pas simple.
C’est surtout ma maman. Ma maman m’a dit que je devais revenir. Elle ne s’est pas mal inquiétée. Je pense que comme tous les parents, on se demande où vont aller nos enfants. Mes parents non plus ne connaissaient pas le Canada, donc c’était l’inconnu.
Et quand on sort de notre zone de confort. Ou quand on va vers l’inconnu, ça peut toujours faire un peu peur, mais aucun regret. Et cette fois, tu as amené ton mari et la petite famille pour vivre quelques semaines en France pendant les. Fêtes de Noël. C’est un plaisir quand même de retrouver notamment notre gastronomie, peut-être ?
Complètement, complètement. La première chose que je fais qui me ravit, c’est d’aller, par exemple, faire mes courses. au supermarché, ici, en France, parce qu’on a des super bons produits, rapport qualité-prix, c’est imbattable. Non, c’est super. C’est vrai que si on veut manger à la française à Toronto, il faut avoir un bon portefeuille.
On ne peut pas une raclette tous les jours avec huit amis autour de la table. Mais non, c’est aussi pour moi l’équilibre. Il faut que je rentre assez souvent. C’est comme ça que je trouve mon équilibre. Et pour moi, la maison, tu disais tout à l’heure, Ça peut être difficile de s’installer.
Pour moi, la maison, on a souvent tendance à l’avoir comme c’est un toit, c’est quelque chose de physique. Pour moi, home, c’est vraiment où ma famille se trouve, où mon mari se trouve, où je me sens bien. Et pour moi, j’ai. Deux maisons. J’ai vraiment le Canada et la France.
Et ça me fait aussi le vivre mieux. Merci Caroline pour ce beau témoignage.

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Podcast n°2627 (janvier 2026)

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