Les Français de l’Étranger : Ambassadeurs de la France selon Olivier Cadic, sénateur

Qu’est-ce qui pousse un sénateur à voir le monde comme un village et à s’efforcer de créer des ponts entre les cultures ?

Dans ce podcast spécial de « La radio des Français dans le monde », Gauthier Seys nous emmène à Londres pour une discussion fascinante avec Olivier Cadic, un sénateur des Français établis hors de France. Olivier partage son parcours unique, de son travail sur le missile Exocet à son approche interculturelle de la politique. Avec plus de 600 déplacements à son actif, il évoque l’importance d’être sur le terrain pour comprendre les perspectives diverses de ceux qu’il représente.

Olivier Cadic est un sénateur qui incarne l’esprit d’entrepreneuriat et d’ouverture culturelle. Ancien ingénieur en électronique, il a fondé une entreprise en Angleterre, devenant un pionnier de la traduction de bandes dessinées franco-belges en anglais. Son parcours l’a mené à s’engager en politique, où il défend les intérêts des Français de l’étranger, tout en promouvant l’interculturalité et l’innovation. En tant que vice-président de la commission des affaires étrangères et de la défense, Olivier Cadic est profondément impliqué dans les questions de sécurité internationale.

L’épisode aborde des sujets variés, allant de l’importance de la préparation à la guerre à la nécessité de renforcer la défense européenne. Olivier Cadic partage ses réflexions sur la situation géopolitique actuelle, notamment les tensions entre la Russie, la Chine et l’Occident. Il souligne la nécessité d’une coopération européenne pour prévenir les conflits et insiste sur l’importance de la langue française pour les expatriés. Enfin, il évoque ses initiatives pour soutenir la communauté française à l’étranger, notamment à travers le réseau d’associations FLAM, qui vise à maintenir la langue française vivante parmi les enfants expatriés.

https://www.oliviercadic.com/

Chapitrage du podcast :
00:00:01-Introduction et bienvenue
00:00:27-Début informel avec Olivier Cadic à Londres
00:01:04-Olivier Cadic parle de son début au Sénat
00:01:34-Le sentiment d’urgence constante d’Olivier Cadic
00:03:10-L’importance des déplacements à l’étranger
00:04:30-La carrière d’Olivier Cadic dans l’électronique et l’expatriation en Angleterre
00:07:00-La génération Eurostar et l’impact du Brexit
00:08:54-Olivier Cadic sur les tensions internationales actuelles
00:14:58-La première élection d’Olivier Cadic
00:15:35-L’activité de traduction de bandes dessinées par Olivier Cadic
00:18:18-Le réseau Flamme et la préservation de la langue française à l’étranger
00:22:30-Fierté d’Olivier Cadic dans ses dix ans de mandat
00:25:10-La perception des Français de l’étranger et conclusion

Transcription du podcast :

Bienvenue dans 10 minutes, le podcast des français dans le monde pour aider tous ceux qui se préparent ou qui vivent de près ou de loin la mobilité internationale. Je suis Gauthier Saïs et j’ai le plaisir de passer 10 minutes avec Olivier Cadic, un sénateur entrepreneur. 10 minutes. 10 minutes. Le podcast des français dans le monde.
Direction Londres pour un invité prestigieux, un sénateur. Monsieur le sénateur, bonjour et bienvenue. Bonjour Gauthier. Tu m’as autorisé à ce qu’on se tutoie comme je le fais avec les 2600 autres invités de ce podcast. Merci beaucoup.
D’autant qu’à Londres, c’est facile le tutoiement. Il n’y a pas ce mélange comme chez nous en France. Absolument. Et puis, on s’appelle par nos prénoms aussi. On a pris cette habitude, ce qui m’a valu d’ailleurs une histoire quand je suis rentré au Sénat, puisque je disais aux huissiers et à tout le monde à Londres, on s’appelle tous par nos prénoms.
Moi, c’est Olivier et vous. Et une semaine après, dans le Figaro, il y avait Appelez-moi par mon prénom. Il y avait un article qui racontait ça. J’ai été convaincu par le secrétaire général du Sénat qui m’a dit Monsieur le sénateur, vous ne pouvez pas faire ça. Les huissiers doivent avoir le même comportement vis-à-vis de tous les sénateurs.
Ils ne peuvent pas appeler l’un par son prénom et les autres monsieur le sénateur, ça vous donnerait un échange différent. Ils doivent être totalement neutres et donc ça avait mal commencé pour moi le Sénat. Vous voyez, une convocation à cause de ça justement parce que c’est un état d’esprit, une culture des affaires, un environnement, mais effectivement il fallait revenir. Je vais aller voir les huissiers, j’aurais dit en fait vous ferez comme vous voudrez. Depuis 2014, deux mandats de sénateurs des français établis hors de France.
Tu es dans le groupe Union Centriste. Toi, tu es un drôle de personnage. Le lundi matin, tu commences ta semaine en te disant c’est ma dernière semaine. Il faut que ça aille vite, vite, vite. Oui, c’est parce que quand j’étais jeune, à 19 ans, j’ai dessiné le circuit imprimé de la tête du missile Exocet qui a été utilisé pendant la guerre des Malouines et à midi, en arrivant au bureau, j’avais tout juste 20 ans.
et on m’a dit c’est formidable tu as participé à quelque chose d’extraordinaire qui a fonctionné et le soir au journal de 20 heures j’ai découvert que c’était donc le missile Exocet que le Sheffield avait coulé et qu’on annonçait plus de 100 morts et donc du coup je m’étais réjoui de quelque chose le midi je découvrais ce que c’était le soir la nuit a été très difficile Et je me suis dit à ce moment-là, il y a des tas de gens, il y a une semaine, ils étaient encore là et ils ne sont plus là. Et depuis, tous les lundis matins, je pense à ça et je me dis, c’est peut-être ma dernière semaine. Et donc, j’ai besoin de le faire vite et je n’ai pas un rapport au temps habituel parce que c’est ce côté émotionnel du moment, de l’opportunité à saisir parce qu’on ne sait pas combien de temps ça va durer. Et ça donne aussi beaucoup de recul par rapport à beaucoup de choses. Et c’est ce qui fait que je comprends bien que je peux recevoir les choses de façon différente.
Et ce sentiment d’urgence m’a toujours habité. Alors il y a ce sentiment de temps, mais également d’espace. Tu me disais que tu étais à plus de 600 déplacements avec ton métier de sénateur. Finalement, le monde est un village pour toi. Oui, ça a toujours été, et dans le domaine professionnel c’était pareil, je disais mon marché c’est le monde, il n’a pas de frontières, et bien là je me retrouve avec une circonscription qui n’a pas de frontières, et j’en suis à 623 déplacements en 11 ans, et c’est mu par le fait de, toujours pareil, d’avoir besoin, d’avoir ce contact avec les gens, Quand on les représente, il faut être avec eux sur le terrain.
On ne voit pas les choses de la même façon quand on est à Paris, quand on est à Londres, bien sûr, mais quand on est à New York, quand on est à Nairobi, où j’étais la semaine dernière, à chaque fois, le centre du monde est différent et les gens ont un regard sur le monde très différent. C’est d’ailleurs parfois une raison pour laquelle les gens ne se comprennent pas, simplement parce qu’ils n’ont pas la même perspective. Et je dirais, c’est pour ça que je suis bien au groupe Union centriste, c’est parce qu’en fait, on voit déjà dans le groupe on voit toutes les différences d’opinion qui fait que quand on n’arrive pas à faire émerger une réponse qui soit unique, le président dit toujours bon allez on fait comme on a dit, ça veut dire que de toute façon chacun va suivre son idée et donc il faut être attentif surtout à toutes les positions différentes, être extrêmement respectueux des gens qui pensent différemment. Bien sûr, la fameuse interculturalité qui est tout à fait passionnante et qu’on évoque souvent sur cette antenne. En tout cas, toi, le centre du monde, ce sera Paris pour commencer.
Tu originaires de là-bas. C’est là que tu vas y faire tes études et tu vas devenir expat en installant ton entreprise d’électronique. On le disait, tu as travaillé sur le missile Exocet, tu as bossé pour le Rafale ou pour encore une sonde sur Mars. Ton entreprise électronique, tu l’installes dans le Kent. Te voilà expatrié en Angleterre, c’est des souvenirs impérissables pour toi cette nouvelle vie.
À l’étranger ? Oui, c’était il y a 30 ans. L’année prochaine, ça fera pile 30 ans. C’était un concours de circonstances puisque quand il a fallu développer le Charles de Gaulle, le porte-avions, toutes les entreprises qui collaboraient à la Défense ont été convoquées et c’était après la chute de mur de Berlin. Et on nous a dit maintenant, il va falloir être compétitif.
Et moi, je ne comprenais pas le mot compétitif parce que quand il a fallu développer les commandes de vol du Rafale, on m’a dit tu as deux semaines, tu n’as pas le droit à une seule erreur. On ne m’a pas demandé combien ça allait coûter. Et donc, du coup, là, ça a changé tout. Et donc, quand on demande d’être compétitif, tu regardes tes coûts et après les salaires, le premier poste, c’était les charges sociales. Et par hasard, j’apprends qu’en Angleterre, au lieu de 48% pour la France, c’est 10% d’Angleterre.
Donc, j’aurais dit Eureka, au ministère de l’Industrie, j’ai trouvé, on va être compétitif, on va baisser ça. Ils m’ont dit non, c’est notre sécu, c’est nos recrètes. je dis alors c’est moi qui vais devoir partir en Angleterre puisque si vous voulez que je sois compétitif et donc c’est comme ça qu’il y a 30 ans j’ai dû déplacer l’entreprise et à ce moment là effectivement ça avait fait beaucoup parler il y a beaucoup d’entreprises qui étaient confrontées à cette ouverture des frontières qui venait de se passer puisque 93 c’est le marché unique Et donc je suis arrivé à Ashford, il y avait France 2 qui m’accompagnait, à l’époque ça s’appelait Antenne 2, qui m’accompagnait pour le 20h dans l’Eurostar. Il y avait 50 journalistes qui m’attendaient à Ashford. On a créé la France Cible d’Entreprendre, il y a plus de 1000 entrepreneurs français qui m’ont rejoint.
D’ailleurs, quand j’avais fait une conférence à Ashford, il y avait tout un Eurostar d’entrepreneurs qui étaient venus pour suivre une conférence que j’avais organisée. Et mon père, qui était à côté de moi, m’a regardé et a regardé les gens sortir de l’Eurostar. Il m’a dit, mon fils, tu es Moïse, tu fais traverser la mer à ton peuple sans qu’il se mouille les pieds. Voilà, c’était la joke, mais c’est à ça. Là, on va parler, on va faire l’anniversaire du 30e anniversaire de l’ouverture de la gare d’Ashford parce que c’est On fait partie de la génération Eurostar, c’est ce que je dis, qui a marqué d’ailleurs l’histoire bilatérale entre la France et le Royaume-Uni.
Et c’était toute une forme d’enthousiasme qui est née avec l’ouverture des frontières, l’ouverture du tunnel sous la Manche, qui a créé une énergie ici au Royaume-Uni, qui a fait que la communauté s’est vraiment développée. C’est comme ça que les meilleurs mathématiciens français sont arrivés à la City, ont fait de la City ce qu’elle était. Et donc, c’est une partie de vie qui va marquer l’histoire d’ailleurs de notre pays. Je l’ai dit, il y a eu les Huguenots, il y a eu les protestants quand ils ont quitté sous Louis XIV la France pour venir au Royaume-Uni. Il y a eu la partie de la Révolution française, tous ces Français qui sont partis quand il y a eu cette révolution.
Et il y a eu cette troisième génération qui est la génération Eurostar. Et ça, c’est fini avec le. Brexit. C’est ce que j’allais dire, parce que ce tunnel sous la Manche est quand même une réussite extraordinaire qui a rapproché nos peuples. Une petite douche froide avec le.
Brexit. Exactement, c’est vraiment ce qui met un terme à cette génération aux stars, ce qui l’a arrêté. Et donc, c’est pour ça que ça marquera l’histoire. Vraiment, il y a eu beaucoup de choses comme qui sait que ce sont les Huguenots qui ont créé la Banque d’Angleterre. Et donc, qui sait que finalement, ce sont les Français qui ont aidé à faire émerger la City à ce niveau là.
Donc, ça marquera l’histoire. Et moi, je suis ravi de voir que j’ai pu participer à. Ça. Alors on va refermer la page sur ce sujet des armées en précisant quand même que tu es le vice-président de la commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées, que c’est un sujet que tu maîtrises bien. Tu as d’ailleurs récemment déclaré les Jeux olympiques ont été une réussite parce qu’on les a préparés.
La guerre, c’est pareil. La guerre est un sujet qu’on a aujourd’hui au quotidien. dans les informations. Qu’est-ce que tu peux me dire sur ce sujet qui est quand même. Douloureux ?
C’est faire prendre conscience que le monde aujourd’hui est devenu beaucoup plus dangereux que ce qu’on a pu penser qu’il le serait quand le mur de Berlin est tombé, quand l’ancien Premier ministre Laurent Fabius a dit maintenant on va pouvoir toucher les dividendes de la paix. on a baissé notre budget des armées, on a même mis ce secteur-là en difficulté. Et aujourd’hui on a face à nous une Russie qui décide qu’elle veut revenir à un temps passé avec une domination sur tout un espace qui est l’ancienne Europe de l’Est. Cette Europe de l’Est fait partie de l’Union Européenne et de l’OTAN. Elle se fait maintenant menaçante.
On a un conflit avec l’Ukraine qui est ouvert. La Russie est soutenue par la Chine, par l’Iran, par la Corée du Nord. Il y a un conflit maintenant Iran-Israël qui est avéré, qui est là, et on sent bien l’escalade venir avec Taïwan, avec le fait que la Chine puisse chercher à se saisir de Taïwan par la force, ce qui posera d’autres problèmes énormes pour nous. Les répercussions au niveau économique seraient supérieures à la guerre en Ukraine si jamais le détroit de Taïwan était bloqué. Aujourd’hui, il faut que tout le monde se prépare à un conflit qui paraît inéluctable.
Il est inéluctable sauf si celui qui est censé nous attaquer finalement se dit que non, le jeu n’en vaut pas la chandelle parce qu’il n’est pas sûr de gagner. Parce que dans une guerre, on voit toujours qu’un état déclenche une guerre quand il est sûr de gagner la guerre. Et c’est là qu’il utilise la force. Mais s’il n’est pas sûr, alors le pouvoir risque d’être perdu. Donc il ne va pas le faire.
Donc il faut impérativement que tout le monde comprenne qu’il faut qu’on élève notre niveau de défense au niveau européen, bien sûr, parce que nous, on n’a pas la taille critique seul face à la Russie. Donc il faut qu’on aide l’Europe à s’armer pour prévenir toute potentialité de conflit. Et il faut voir aussi que le risque principal aujourd’hui, c’est encore l’escalade. On a vu une escalade avec ce qui s’est passé au départ à Gaza avec le Hamas, avec toutes les tendues. Le problème n’est pas réglé, quoi que puisse en dire le président Trump.
On voit toujours qu’il y a la question du Hezbollah au Liban. On voit bien que ça continue à bombarder. On voit bien qu’en Syrie, ce n’est pas fini et ainsi de suite. On doit chercher à stabiliser cette zone, mais on voit bien que ce qu’on risque aujourd’hui, c’est plus encore l’escalade, l’escalade dans la mer de Chine méridionale. Et donc, dans ce cas-là, on peut continuer l’escalade longtemps, l’engrenage Et c’est ce qu’il faut réussir à bloquer.
Et pourquoi ? Eh bien, il faut montrer que la guerre, on est prêt à la préparer, effectivement, à se donner les moyens, parce que c’est comme ça qu’on n’aura. Pas la guerre. Après, je ne vais pas te cacher que j’ai eu du mal à imaginer qu’on puisse reparler de guerre aujourd’hui, alors que j’ai connu un monde qui avait basculé dans la paix avec notamment un changement de paradigme en 89. C’est quand même très étonnant.
Il faut aussi un peu. Changer de direction. Oui, mais quelque part, c’est aussi les conséquences, je dirais, d’une certaine naïveté qui a fait penser à certains qu’avec la chute du mur de Berlin, l’histoire était finie. Mais à Tiananmen, la même année, les chars ont écrasé les étudiants. On voit que finalement on pensait que la Chine, on arriverait à l’amener à un autre modèle politique du fait de l’ouverture économique et puis on voit que ce n’est pas du tout ce qui se passe et qu’au contraire ils sont en train de se retourner contre nous.
avec des systèmes, je dirais, alternatifs qui considèrent que la liberté passe après le développement. Et donc, plus de liberté d’expression, c’est ce qu’on voit à Hong Kong. Regardez ce qui est en train de se passer à Hong Kong, où Jimmy Lai, quelqu’un qui dirigeait des journaux, qui était démocrate, est aujourd’hui à 78 ans en prison, va certainement être condamné peut-être à vie lundi. Et le monde ne bouge pas. Alors que normalement, il était dit qu’après la rétrocession, Hong Kong pourrait continuer à fonctionner de façon autonome.
Eh bien, on voit que ce n’est pas le cas. La liberté, c’est quelque chose de très fragile. Et la question n’est pas de savoir si on peut se battre simplement pour un pays, pour des frontières. La question, c’est est-ce qu’on est prêt à se battre pour sa liberté ? sa liberté d’expression, sa liberté d’entreprendre, le choix des gens qui vont les représenter.
Je ne crois pas que M. Poutine soit très inquiet quand il doit faire face à une élection. Donc, ils choisissent même éventuellement leurs opposants s’il faut vraiment qu’il y ait un vote avec plusieurs candidats. Donc, la question aujourd’hui, on voit bien que c’est ce modèle de démocratie qui est remis en cause et que le nombre de démocraties baisse. On croyait que la liberté serait reconnue pour tout le monde.
Non, ce n’est pas le cas. Et on en revient à des choses qu’on a vues par le passé. Et ça fait frémir. Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France. La politique entre dans ta vie au début des années 2000, d’abord par le monde associatif.
Et puis un jour, une élue va te dire pourquoi pas te lancer dans l’aventure. Et finalement, tu vas être élu à une voix près. Tu vas être. Élu en 2014, sénateur. Oui, je pense souvent à ça et je rappelle toujours dans les écoles qu’à une voix tout peut changer, que moi j’avais été élu à une voix, que la tour Eiffel est restée debout à une voix, sinon elle aurait été démantelée après l’exposition universelle.
et que la tête de Louis XVI est tombée à une voix. Aux États-Unis, il y a quelqu’un qui m’a rappelé que c’est à une voix que s’est décidé le fait que la langue des États-Unis serait l’anglais et non pas l’allemand. Voilà pourquoi aux États-Unis, on parle anglais, c’était à une voix. Chaque voix est importante et c’est pour ça que dans la démocratie, c’est le respect de chacun et que chacun. Peut faire la différence.
Et donc au passage, inscrivez-vous sur le registre et votez aux élections puisque les Français de l’étranger peuvent voter. C’est quand même une fierté. C’est bien. De le rappeler aussi. Et que.
Chaque voix va compter. Bien sûr. Alors, tu continues à être chef d’entreprise avec aujourd’hui quelque chose d’assez étonnant. Tu es le premier acheteur de droits au monde des bandes dessinées franco-belge qui sont désormais traduites grâce à cette entreprise aux. Quatre coins du monde.
Oui, c’est à peu près au même moment où on m’a invité à rentrer en politique, une sénatrice qui m’avait dit qu’elle considérait que j’étais vraiment fait pour ça. Au même moment, on avait vendu toutes nos activités d’électronique parce que je voyais que tout partait vers la Chine. Et à ce moment-là, ma femme m’a dit, mais alors qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? Je lui ai dit, écoute, en ce qui me concerne, moi, je vais me consacrer à l’écriture. Elle m’a dit, oui, mais je ne vais pas te lire toute ma vie, donc il faut trouver quelque chose.
Et on est rentré dans une librairie en Angleterre et je lui ai dit, tiens, il n’y a que Tintin et Astérix en anglais. Sinon, il y a les super héros américains, il y a les mangas japonais. Qu’est-ce que tu dirais de traduire des grands noms de la BD ? Et elle a aimé l’idée. Et voilà, je suis parti en Goulême et puis Chassé et le Naturel y revient au galop.
Vingt ans plus tard, on est les premiers acheteurs de droits au monde de bande dessinée. Lucky Luke, Bully Bill, Black et Mortimer. Spirou, Largo-Winch, Torgal, ils sont traduits en anglais et ils sont vendus dans le monde entier. Et quand j’ai négocié les droits, au début on me disait c’est des droits par territoire. Par exemple vous êtes basé à Londres, donc pour vous ce sera le Royaume-Uni.
Et j’ai dit non, pour moi si je veux Je traduis, je le vends en anglais et je le vends dans le monde entier, c’est en anglais. Donc je veux les droits par rapport à une langue et non pas par rapport à un territoire. Et ça a complètement changé la façon de présenter les choses. Et c’est vrai, c’est aussi ce qui a participé au fait qu’on a pu fonctionner. Parce qu’avant nous, plein de gens avaient essayé, mais ça n’avait jamais marché.
Mais simplement, on avait une vision globale. et de l’anglais, de comprendre qu’on ne traduit pas en anglais pour les anglais, mais comme d’autres traduisent en anglais pour les américains, c’est en américain. Nous, en fait, c’est de l’anglais le personnage. Si le personnage est américain, c’est en américain. Si il est anglais, Black et Mortimer, vous ne trouverez pas un seul américanisme.
dans la BD, donc c’est lié au personnage avec une vision, un respect culturel aussi. On adapte la BD à la fois les mots, puisque selon les âges du lecteur, on peut utiliser certains vocabulaires ou pas. Donc ça aussi, c’est important, il faut le savoir. Et puis aussi certains dessins qui ne passent pas pour un monde anglo-saxon, on les fait évoluer pour. Que le produit rencontre le lecteur.
Et donc aujourd’hui, quand on est dans le Texas, dans une librairie et qu’on prend un Lucky Luke, il est. Là en partie grâce à toi. C’est notre grande fierté, Lucky Luke, parce qu’on nous avait dit ça ne marchera jamais. Les Américains n’iront jamais Lucky Luke. Et en fait, en cinq ans, on a fait plus de trois fois plus de Lucky Luke qu’il s’en était fait en 50 ans en anglais.
Et on est vraiment très, très fiers de voir ça et aussi d’avoir fait à la fois évoluer un peu la façon dont se fait le Lucky Luke ici par les auteurs en France pour être plus respectueux du marché. Ils ont tout compris maintenant. Et nous, on est fiers de voir que tous les luthis sont traduits en. Anglais, que ça marche très bien. En septembre dernier, la dernière fois qu’on s’est rencontrés, c’était pour l’enregistrement d’un podcast spécial diffusé sur la radio des Français dans le monde qui parlait des associations réunies dans le parapluie Flamme.
Tu m’avais dit au micro quelle fierté ça pouvait représenter ces 5000 enfants qui, chaque semaine, se retrouvent dans ces associations pour maintenir le français. Flamme, c’est une. Belle réussite à travers le monde. Pour moi, c’est une grande fierté. Déjà, l’admiration que j’ai pour toutes ces mamans et ces papas qui s’investissent tout au long de chaque jour pour que le samedi matin, l’association soit ouverte et puisse tourner.
C’est vraiment un travail énorme. Quand on a lancé le plan École au Royaume-Uni, il y avait un objectif de développer le nombre d’enfants qui étaient dans le système français au Royaume-Uni, on voulait développer les écoles bilingues, mais aussi s’occuper de ces associations, puisqu’il y avait une douzaine d’associations qui fonctionnaient comme ça, les mettre en réseau, éviter que les mamans réinventent la roue chaque fois qu’elles voulaient créer une association. parce que c’était souvent des mamans en fait. Et donc ça a été une réussite. Londres, le Royaume-Uni a été une réussite extraordinaire pour ça.
C’est un modèle que j’aurais bien aimé qu’on développe plus. D’ailleurs, le pass éducation langue française, C’était une initiative. Chaque année, je faisais un amendement pour qu’on mette un budget pour justement ces associations et qu’on leur permette de pérenniser leur développement et qu’on professionnalise du coup un peu tout ça. Et pour l’instant, ça n’a pas été fait. Mon objectif, c’est ce que j’ai toujours dit, c’est une vraie vision dans le cadre de mon mandat.
Un objectif, c’est que tous les enfants français à l’étranger parlent français. Je vois trop de gens qui viennent voter qui ne parlent pas français. Et donc, ça pose quand même la question, c’est comment ils choisissent leur candidat, puisque tout s’exprime en français. Et on voit, par exemple, là, à Sao Paulo, on m’a dit au consulat, écoutez, je ne vois plus d’enfants français qui parlent français maintenant. Tous ceux qui viennent ne parlent plus français.
On en est à peu près au deux tiers en Amérique latine qui ne parlent pas français. 50% à peu près aux États-Unis. Et donc, ça, c’est un vrai enjeu, un vrai sujet. Et c’est ce que j’avais dit au ministre. Est-ce que vous pensez que tous les enfants français, tous les Français doivent parler français et me disent bah oui, évidemment.
Alors, qu’est ce que vous faites pour ça ? Parce que quand on est français, on ne parle pas automatiquement français. Et pour moi, c’est un vrai enjeu pour la suite. Et je l’ai vu au Sénégal, un pays où la langue officielle, c’est le français. Eh bien, on a à peu près 50% des Français qui ne parlent pas français.
Et quelqu’un qui parle Wolof, qui arrive à 18 ans, qui vient chercher son passeport à Dakar et qui part pour Paris. pour s’y installer, il va faire quoi comme travail s’il ne parle qu’au one-off ? Et donc, on voit bien qu’il y a un vrai sujet qui va devenir de plus en plus prégnant dans les années plus tard à venir. Regardez France Consulaire, ce système qui est génial. Maintenant, vous avez un numéro mondial, vous vous appelez pour prendre des renseignements par rapport au consulat.
Et en quoi on vous répond ? On vous répond en français. On vous répond pas en espagnol, on vous répond pas en serbe. En Serbie, à peu près deux tiers des appels, c’est en serbe. Donc, ils ne peuvent pas appeler France Consulaire s’ils ne parlent que serbe.
Et ainsi de suite. Donc, tout ça va rendre les choses de plus en plus compliquées. Donc, il faut revenir sur un objectif et se donner les moyens. Donc, c’est vraiment un engagement. Et les écoles flammes, c’est un outil pour nous permettre collectivement d’atteindre cet objectif.
Que, un jour, tous les enfants français parleront français. Olivier, en plus de dix. Ans de mandat en tant que sénateur, quelles sont tes autres fiertés ? C’est difficile de dire ça. Ma fierté, c’est de voir des élus avec lesquels je travaille, qui ne se posent pas la question de ce que la France peut faire pour eux, mais qu’est-ce qu’eux peuvent apporter à la France.
Ma fierté, c’est de voir ces gens qui gardent cette idée de promouvoir notre pays, quelles que soient les circonstances, quels que soient les environnements, et qui essayent de construire avant de dire je veux des choses pour moi, personnellement. ou des avantages, ceci, cela. Donc ça, c’est une grande fierté. C’est aussi des gens qui veulent changer les choses dans l’absolu. Moi, je sais qu’un des grands enjeux, puisqu’on parlait de guerre, dans la guerre, il y a un vrai enjeu, c’est les contrefaçons des pays qui font de la contrefaçon sur les produits électriques, qui copient Schneider.
et le grand et qui génère des incendies puisque les produits sont défectueux, ça a fait des courts circuits. Mais c’est aussi tout ce qui est médicaments, le faux médicament. En Afrique, ce sont des millions de vies qui sont perdues chaque année et qui ont envie de travailler à ce qu’il y ait une agence africaine du médicament qui cherche à changer vraiment les choses sur le fond. Donc voilà, ma fierté, c’est de toujours trouver des compatriotes qui veulent changer les choses, rendre le monde meilleur. Et donc tout ça, c’est très loin des étiquettes politiques, des parts de pizza qu’on a à défendre.
C’est vraiment que tout le monde travaille collectivement sur un monde meilleur. Voilà, c’est ça qui me rend super fier. Et en tant qu’entrepreneur, c’est cette vision de faire de la politique avec un mode projet. Qu’est-ce qu’on fait collectivement ? Qu’est-ce qu’on cherche à changer collectivement ?
Revenir toujours là-dessus. Arrêter de dire que l’autre ne pense pas bien, il devrait penser différemment. Non, qu’est-ce qu’on cherche à faire ensemble ? Je trouve plein de Français qui ont envie de changer les choses comme ça. Ma grande fierté, c’est ça.
Je veux créer une association Flamme, tu vas le faire. Je veux développer, je veux lancer une école française. Eh bien, c’est génial. Je veux créer une chambre de commerce. Je veux promouvoir tel produit.
C’est un produit France et le faire connaître dans le monde entier. Eh bien, c’est génial. Et voilà. Et c’est ainsi de suite. Et c’est la Vinodiplomatie à Lima qu’on a lancé avec Vincent Cissé pour dire voilà, avec le vin français, je vais importer le vin français.
Je vais faire une commanderie de vin de Bordeaux. Et avec ça, on crée ça. Il y a le ministre des Affaires étrangères péruviens. Il y a les parlementaires péruviens, des entreprises péruviennes qui viennent rencontrer les boîtes françaises. Et comme ça, on fait un truc.
Le vin devient un mode, je dirais, d’accélérateur de culture française au Pérou. Ben voilà, c’est que des projets comme ça. Et ça, ça me rend super fier parce que je participe à chaque fois à ces équipes là, avec des leaders qui ont une idée géniale et dans des domaines différents. Et ben voilà. Et là, je deviens un facilitateur.
Et depuis le Sénat, je les aide à concrétiser. Leurs projets qui font avancer la France. Voilà, ma fierté, elle est là. Olivier, j’ai eu aussi une envie en 2020 de faire un média, une radio, des podcasts pour les Français, les 3 millions de Français qui vivent en mobilité internationale. C’est devenu le média sur lequel tu t’exprimes aujourd’hui, la radio des Français dans le monde.
On a 100 000 auditeurs chaque jour qui nous suivent et quelque chose me révolte encore, on terminera là-dessus si tu le veux bien. L’image souvent négative qu’ont ces français de l’étranger, de point de vue des français de France, qui considèrent que ce sont des exilés fiscaux ou qu’ils vivent la vie au soleil. Qu’est-ce qu’on peut faire sur notre média pour faire évoluer cette image fausse et ces. Clichés liés à l’expatriation ? Qu’est-ce que tu as comme avis sur ce domaine ?
D’abord, bienvenue au Club, puisque en tant que parlementaire, sénateur représentant les Français de l’étranger, quand je suis avec mes collègues, c’est un cliché contre lequel je me suis amené à lutter, évidemment, et à leur exprimer, justement, les difficultés que traversent souvent les Français. établieur de France. Je te remercie sincèrement pour ton initiative et puis aussi pour ta réussite, parce que faire venir 100 000 auditeurs pour être à l’écoute des personnes qui font des podcasts, c’est vraiment fascinant. Je suis très admiratif du résultat auquel tu Je pense qu’on doit vraiment tous se serrer les coudes parce qu’on est finalement sur le même bateau, on est un travail pour la même cause, c’est de faire en sorte que justement ces Français établis hors de France dans la variété de tous les parcours soit connu. Quand je parlais des grandes entreprises tout à l’heure industrielles de l’électrique, mais il y a aussi le restaurateur français qui lui fait venir des produits de France pour pouvoir les faire connaître et il devient un ambassadeur à son tour.
Donc c’est une chaîne en réalité. Tout le monde compte, grand ou petit, et tu donnes la parole à tout le monde. C’est la même chose pour nous qui les représentons. Et donc il faut chercher ensemble, je t’ai parlé de collectif, en fait il ne faut pas te laisser tout seul pour travailler cette promotion, il faut participer, il faut qu’à la fois les auditeurs, les entreprises comprennent que le rôle de ta radio est utile pour tout le monde. et que tu ne sois pas tout seul à ramer pour faire en sorte que la voix des Français soit bien entendue.
Donc encore une fois, merci pour tout ce que tu fais. Je sais ce que tu fais aussi au niveau civique pour faire connaître justement l’appel à voter, je dirais, de façon totalement neutre. Merci pour tout ça. Parce que c’est justement ce qui contribue à la liberté d’expression qui m’est tellement chère. Merci, Olivier Kadic, sénateur des Français établis hors de France.
Tu es venu aujourd’hui dans le studio de la radio des Français dans le monde à travers cette visio. Mais je pense que l’univers de la radio, tu le connais grâce à ton papa qui était. Ingénieur à Radio France. Finalement, aujourd’hui. Tu es revenu dans un élément que tu connaissais.
Absolument. La boucle est bouclée. Merci. Et le monde de la radio est tellement agréable. Sachez qu’au moment où vous nous écoutez, quelque part dans le monde, une paire d’oreilles francophones est là pour recevoir le message.
Et ça, je reste. Un éternel. Enfant. Je. Trouve ça absolument fascinant.
Merci, Olivier. Et belle journée à Londres. Merci, Gauthier. Change pas!

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Podcast n°2629 (janvier 2026)

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